L’art et la créativité, sources de bien être

La créativité pour retrouver le goût de vivre – Biographie d’une renaissance atypique

L’anorexie touche de plus en plus de jeunes filles. Loin d’être une maladie, c’est un trouble du comportement qui se développe généralement pour masquer un autre trouble ou une maladie encore plus grave. Curieusement, ce trouble alimentaire protège de la dépression et c’est en général lors de la réalimentation que ces jeunes filles se mettent en danger (risque de suicide).

Des jeunes filles trop sensibles ou abimées par la vie trop tôt, trop brutalement. Les psychothérapie analytique classiques sont à bout de souffle quand aux « gavages » pratiqués par certaines structures hospitalière, elles se donnent bonne conscience en redonnant « figure humaine » à leur patiente mais ne résolvent rien, d’où le nombre excessif de rechutes.

D’un autre coté, art-thérapie et ateliers créatifs aident à se découvrir. Quand la parole est douloureuse, s’exprimer par la peinture, le dessin ou la création textile (ainsi que nous le montre notre exemple) donne une image de soi plus valorisante. L’art dévoile la beauté là où tout était trouble et gris.

Ce qui suit est l’histoire d’une existence ravagée, rendue à la vie par  la peinture et la créativité. C’est aussi l’histoire d’une renaissance.

Angélique NAEL : fashion designer

Née le 14 mai 1968 à fontenay sous bois (94)
Diplômée de l’ESAA Duperré où elle obtient la Licence Professionnelle de Design de mode, Angélique Nael dépose en août 2006 la marque « Chez Clochette » auprès de l’INPI. C’est sous cette griffe qu’elle crée des robes pour les enfants, connus essentiellement pour leur unicité. (source : magazine Famili 04/2009)

Éléments de biographie

A la suite d’une agression violente majeur alors qu’elle avait 12 ans, Angélique NAEL sombre dans l’anorexie. Sa famille ne lui apporte aucun soutient et elle vit avec son traumatisme qu’elle refuse d’admettre. Afin de payer ses études, elle pose pour des magazines de mode et travaille à temps partiel dans un établissement financier (où elle fera carrière pendant 10 ans). La mode est pour elle une passion de petite fille, sa grand-mère paternelle possédait elle même une ligne de vêtement pour femme. Or, sa famille vend tout au décès de la grand-mère, ne laissant pas à Angélique la possibilité d’exprimer son art. Déjà à 20 ans, elle avait dessiné de nombreux modèles et préparait le concours d‘entrée aux Beaux Arts.

Angélique s’enferme dans son anorexie, obtient son DECF et plonge dans l’anonymat d’une structure bancaire.
Elle se marie et a deux filles.
En 2001, la plus jeune de ses filles est agressée comme l’avait été Angélique des années plus tôt. Cet épisode la plonge dans une dépression profonde, son anorexie s’aggrave et elle mène un combat difficile (procédure judiciaire) pour que le crime commis à l’encontre de sa fille ne soit pas nié ainsi qu’elle l’avait été elle même.

C’est à cette période qu’elle retrouve carnets de croquis et crayons. Elle s’exprime à travers sa peinture, ses poèmes, l’écriture et la particularité qu’elle développe à faire des vêtements qu’elle transforme en contes de fées. Ses réalisations ne portent pas encore la griffe « Chez Clochette ». Le bien être que lui apporte la créativité et le besoin de comprendre ce qui lui est arrivé la conduisent à se tourner vers les autres. Elle découvre l’art thérapie et retourne sur les bancs de la FAC. Son mémoire de Master II est proposé à la publication : elle y propose une stratégie de prévention des violences scolaires par des ateliers créatifs intégrés dans les collèges.

Elle anime alors des groupes de parole au sein d’associations dans lesquelles elle vient en aide aux victimes de violences. Elle s’occupe d’enfants autistes dans une institution et entame une thèse de Doctorat.
Mais Angélique a pris conscience de la gravité de ce qu’elle a subi. Plus que jamais, elle dessine, peint, écrit, crée des robes de princesses, loin de la mode, son style est intemporel, s’inspire des Elfes et des Fées qui composent son univers. Mais elle ne sort plus et mange de moins en moins. A cette époque, elle crée pour rester en vie. Rien n’est commercialisé. Elle fait don de ses productions à des associations, offre ses vêtements « faits main » aux enfants défavorisés et aux oeuvres des hôpitaux d’enfants malades.

C’est son mari qui la pousse à se reconstruire en lui conseillant de rejoindre l’école Duperré et de suivre une psychothérapie pour l’aider à faire face à ses troubles.

En 2006, à la demande de sa thérapeute, la justice n’ayant pas été saisie après l’agression d’Angélique (qui avait alors 12 ans) va lui accorder la modification de son prénom comme une « réparation ». Son prénom de naissance est remplacé par celui que lui donnent ses proches : Angélique. Cette modification explique que son travail soit passé inaperçu : ses créations antérieures portent ses prénom et nom de naissance.

Aujourd’hui, Angélique vit dans son petit atelier d’art établi à son domicile. Elle sort très peu, toujours accompagnée. Vue au Ritz lors de la présentation automne-hiver 2009/2010 du créateur Dany ATRACHE (elle en est Fan, nous dira-t-elle), elle fait une apparition lors de la soirée de lancement de Spring-Magazine . Elle souffre d’agoraphobie et de ses créations, elle ne dévoile que ce qu’elle écrit sur son blog.

Elle y conte une histoire, chaque tissu est comme une toile vierge, chaque robe est une peinture qui porte un nom ayant lui-même une signification, une poussière d’Angélique.

La marque Chez Clochette

C’est son mari, P. NAEL (financier), qui va commencer à commercialiser les créations de son épouse uniquement dans des salons parisiens, exclusivement sur invitation : les modèles sont uniques et en nombre limité. Il crée une petite société dans le but d’offrir à Angélique la reconnaissance de son univers artistique. Il utilise le WEB pour créer un réseau social accessible au handicap de son épouse. Il organise des ventes très privées qui suivent l’inspiration d’Angélique. Le site WEB de la marque enregistre en moyenne 500 visiteurs uniques par jour.
Griffe Haute couture/jeune créatrice ou prêt à porter. Chaque modèle conserve une unicité intemporelle réservée jusqu’à aujourd’hui aux grands couturiers. Une ligne en coton biologique et équitable est en préparation.

Liens

Chez Clochette

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