Ouarzazate , le sud marocain

Ouarzazate entre le désert de sable et la verdure, entre les dromadaires et les hommes

Comment restituer cette sensation de grand sud quand, au détour d’un canyon érodé où clignotent encore des îlots de verdure, je me heurte soudain à la barrière de sable ?

Le dromadaire, seigneur de ces contrées désertiques, semble se contenter de quelques touffes de chardons et de maigres buissons pitoyables. Il est vrai qu’entre le désert et lui existe une osmose prévue par la nature.

A Ouarzazate, l’ambiance ne trompe personne : elle est saharienne avant tout. Le sable est omniprésent. Malgré les bourrasques terrifiantes, les autochtones ont continué à chanter, siffloter et vaquer à leurs occupations. D’épaisses nuées ont déposé leur fardeau partout : dans les maisons, les cheveux, sous les ongles, dans les besaces, du sable, du sable, encore du sable …

Fatiguée d’avoir autant marché, je m’affale sous un préau de bois, échangeant quelques mots avec un marocain apparemment insouciant des méfaits du sirocco. Un peu plus tard, je peux enfin déguster un fabuleux tajine au petit restaurant de l’hôtel. J’observe avec avidité les gens si peu pressés, si lents à aller et venir, si doués pour prendre leur temps. Puis c’est le retour du soleil après un ciel voilé de nuées sablonneuses : la pureté des ciels sahariens est légendaire, elle se dessine sous mes yeux.

Ce qui me suprend, en revanche, dans cette ville, ce sont les jardins aux parterres bien ordonnés où des fleurs connues s’épanouissent malgré la mince nappe de sable, comme une injure à la mort beige-rosée du désert voisin, tout proche. Merci au barrage et à l’eau du lac qui donnent la vie, la verdure ! Je ne sais plus ce qu’il faut admirer avant tout à Ouarzazate : la violence du Sahara qui peut rendre les hommes fous ou le talent des jardiniers qui, en faisant naître la vie végétale à partir du néant qu’est le désert, jouent à être Dieu ?

J’ai hâte que la nuit vienne car je veux voir les étoiles, dont on dit que certains soirs à Ouarzazate, elles sont si grosses et si proches qu’on croirait pouvoir les cueillir …

Sounie

http://www.encoresurlenet.fr/

Extrait des carnets de voyage de ma maman

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Privacy Policy Settings