La famille et ses secrets

Les secrets de famille peuvent provoquer de graves conséquences sur le bien-être des individus.

La famille et ses secrets

Parmi les secrets, certains sont bons et d’autres moins, mais pour ce qui est du secret de famille, il est toujours déstructurant. Aussi bien pour celui qui le porte, que pour celui qui l’ignore. Un secret est nuisible à partir du moment où le détenteur de la vérité ne se considère plus comme gardien mais plutôt comme victime.

Pour ceux qui sont écartés, c’est la tension qui règne quand on aborde le ou les sujets tabous. 

Les détenteurs d’un secret de famille oscillent entre l’interdiction qu’ils s’imposent de ne pas le révéler, et leurs désirs de se confier.


Les secrets de famille prennent racine dans une époque.

Par exemple, dans les années 1950, il était honteux d’être une jeune mère célibataire. On cachait donc souvent la vérité à l’entourage, mais surtout au nouveau-né qui se faisait élever par sa grand-mère et prenait sa mère pour sa grande sœur. Sans parler d’autres tabous tels que l’avortement, l’adultère, l’homosexualité…
Dans les années 1990, c’était le spectre du chômage qui poussait certains à mentir sur leur situation. Mais les mœurs ont évoluées, et si aujourd’hui certains tabous sont levés, il en apparaît de nouveaux : sida, suicide, inceste, pédophilie, trahison ou collaboration durant la guerre, drogue… Autant de raisons d’avoir peur du « qu’en dira-t-on ? », généralement la base de chaque secret de famille.

Un secret de famille ne se construit pas par plaisir ou dans une réelle intention de nuire.

Il s’inscrit dans le temps par la honte qu’il génère, et c’est pourquoi il peut traverser plusieurs générations. On ne peut pas lever le voile sur un secret de famille n’importe quand, ni le révéler à n’importe qui. Tout dépend de la teneur du secret, du lien plus ou moins étroit qui le lie à la personne et de sa solidité psychique. Il faut surtout adapter le discours en fonction de l’âge : par exemple, un enfant n’a pas besoin de tout savoir sur le divorce de ses parents, ou sur le passé carcéral de son grand-père. Avant de révéler un secret, il faut prendre le temps d’évaluer les conséquences de cet aveu, car ce dernier peut avoir des répercussions destructrices sur l’intéressé.

Dévoiler un secret de famille nécessite donc du courage, de la finesse et de la réflexion.

Il faut prendre conscience que si la vérité est exposée au grand jour, tous les problèmes ne se dissiperont pas d’un claquement de doigt. La vérité n’est que le premier acte d’un long processus de réparation.

Depuis quelques temps, les psychologues se penchent sur les conséquences de ces secrets familiaux. On appelle cela des thérapies psychogénéalogiques. Elles ont pour objectif de mettre en évidence l’événement caché qui vous empoisonne l’existence. Elles mettent en scène ce que les psy appellent l’inconscient familial et transgénérationnel : on déterre des secrets qui peuvent être à l’origine d’échecs professionnels ou amoureux, et on enraye ainsi des schémas répétitifs. Ce travail permet une libération et une réconciliation, qui peuvent s’apparenter à un deuil : celui de la famille parfaite.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Privacy Policy Settings